« I am an air pilot »

« Tu ne renies quand même pas la subtile science de l’épandage aérien ?! […] il faut être fou pour abandonner l’épandage. Le ciel bleu, aucun trafic aérien et l’odeur vivifiante du vitaminamax! »

C’est ainsi que nous avons fait la connaissance d’Andrew, air pilot dans l’agriculture et notre bien aimé coloc’ pendant notre mois de juin en rockpicking à la ferme. Andrew, la quarantaine, est un australien aux origines made in Europe (et fier de l’être). Il dirige sa propre entreprise depuis quelques années. Ayant toujours évolué dans le domaine agricole, il a fini par conjuguer sa passion pour l’aviation avec son métier de cœur en devenant épandeur.
Mais comment en est-il arrivé là me direz-vous ? C’est une très jolie histoire qui commence par le rêve d’un gamin de sept ans, qui en se rendant à l’école entend pour la première fois le bruit de ce moteur qui deviendra plus tard si familier. En levant les yeux il vit un avion qui faisait des va-et-vient au-dessus d’un champ, répandant une substance qui flottait sur les cultures. Un coup de vent ramena le fertilisant chimique vers lui, l’odeur caractéristique lui laissant une trace qui le marquera à vie. Malgré elle le gosse se promet de devenir un jour air pilot ! Le virus en lui, Andrew obtiendra ses ailes quelques années après cette révélation.

I am an air pilot (1)

Pour Andrew les week-ends ne signifient rien. Amené à piloter l’épandeur en fonction de la météo et des saisons, il peut être appelé à n’importe quel jour de la semaine. Principalement basé dans le Western Australia, des contrats peuvent l’envoyer aux quatre coins du pays. Il nous est même arrivé de le voir disparaitre une semaine entière avant de le revoir pour nous raconter son périple entre Cairns, Sydney, Alice Springs et Perth aux commandes de sa machine volante. L’avion étant loué par d’autres fermes en Oz, c’est aussi Andrew qui se charge du rapatriement et de son entretien général. Un homme bien occupé cet Andrew. Mais comme il le dit « C’est mon job, ça fait partie de l’aventure. »

Si la météo est favorable un camion emmène directement l’avion sur le tarmac entre deux pâtures. Et après l’habituel check matinal de l’appareil, on le remplit de différents produits en fonction de la nécessité de fertiliser le champ ou de vaporiser des insecticides. L’avion qui peut normalement rester deux heures dans les airs avec un plein, ne décollera que pour vingt minutes le temps de bombarder sa cargaison et reviendra se ravitailler en divers engrais. Parfois le ute équipé du water tank nettoie entièrement la cuve de l’avion ainsi que l’intégralité des vannes de l’épandeur lors de changement de produit. Et c’est reparti pour un nouveau raid aérien de vingt minutes. Encore une fois, selon les conditions météorologiques, le ballet peut être répété du lever jusqu’au coucher du soleil.

Un matin, alors que nous roulons des clôtures le long d’un pré, dans la quiétude du domaine, nous entendons au loin le bruit du moteur et scrutons immédiatement le ciel à la recherche de notre pilote. Et par le plus grand des hasards nous étions justement sur l’un des champs qu’il devait traiter. Youhou !! Nous assistons au ballet aérien depuis les premières loges. Tels deux gosses les yeux pleins d’étoiles, nous observons ce spectacle inédit. Le téléphone portable en main (merci les 5 mégapixels !) nous immortalisons ce moment pendant nos heures de travail. Tandis que l’un reprend son labeur, l’autre prend de la hauteur en grimpant sur le pick-up (on vous laisse deviner qui !) et photographie les allers et retours de l’engin qui s’approche davantage. Un épandeur ne se contente pas de lâcher sa livraison depuis les hauteurs, chaque spray est précédé d’un piquet et d’un rase-motte avant de s’élever de nouveau en frôlant la cime des arbres. Voilà pourquoi le terme « ballet aérien » correspond mieux au travail de notre australien. Pour tous ceux qui ont un jour (lointain) connu le Viandox, le subtil fumet qui se dégageait du champ ce jour-là en avait la même odeur.

La découverte de ce métier original, nous a donné l’envie de vous en écrire quelques lignes. C’était une expérience inoubliable que de se retrouver en dessous de ce petit Dusty. Et nous remercions Andrew pour sa profonde gentillesse (à la prochaine à Cairns ou à Bruxelles au Delirium Café).

« Volo pro veritas… »

footsteps

Follow the footsteps.

 

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