Ch’tis conseils pour l’Australie

Le temps passe et passe et passe, et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé ? Oui vous l’avez deviné, il est temps de faire le Bilan de notre voyage en Australie !

Nous y avons vécu une année formidable tout en découvrant une myriade de paysages fabuleux et nous avons essayé de décrire cette aventure à travers Destination Anywhere. Si les décors idylliques peuvent faire rêver, l’Australie est un pays bien plus contrasté que l’image que nous nous en faisons. Il est désormais temps de vous livrer une autre vision de ce pays, plus pragmatique, et destinée aux futurs voyageurs qui auraient l’intention de venir faire un trip en Oz. Il s’agit là d’un recueil de conseils d’après notre expérience, selon notre point de vue.

WHV en poche c'est parti pour l'Australiiiiiie !

WHV en poche c’est parti pour l’Australiiiiiie !

Et comme on est trop sympa, on vous a même fait un petit sommaire pour vous faciliter la navigation ! 😉

Allez c’est parti !

TROUVER LA BONNE MONTURE

Si l’envie vous prend de voyager à travers l’Australie, il vous faudra vous pencher sur la question du destrier adéquat. Votre soif d’aventures et de liberté, certainement la principale raison de votre venue ici-bas, ne sera étanchée que par l’achat d’une voiture d’autant plus essentielle si vous comptez travailler en ferme loin des grandes cités australiennes. Oubliez le train pour vous faire traverser les 7 692 024 kilomètres carrés de cet énorme pays (12 fois la France), préférez l’avion si vous aviez prévu de ne visiter que les principales villes, et adoptez le véhicule automobile si vous disposez d’une année ou deux pour traverser le pays à la recherche de ses plus beaux endroits souvent bien reculés.

Trois types d’autos se distinguent chez les backpackers et dépendent principalement de votre budget et de vos envies en Australie :

La Station-Wagon

Station Wagon ici la plus répandue: la Ford Falcon.

Station Wagon ici la plus répandue: la Ford Falcon.

Ainsi vous pourrez opter pour la station-wagon, appellation australienne pour notre « break ». Un deux roues motrices qui vous mènera à travers toutes les principales routes et pistes australiennes. Il faut cependant savoir vivre avec un espace minimum ou accepter de planter la tente tous les soirs. Pour les plus petites bourses (what up), c’est le choix numéro 1. Entre 1000 et 3000 dollars, la station-wagon vous permettra d’assouvir vos envies d’évasion. C’est le moins cher, le plus facilement réparable, le plus répandu, le plus économique. Les pièces de rechange seront d’autant plus faciles à trouver si vous optez pour une Ford Falcon. Mais il s’agit également du modèle le moins confortable car tout s’entasse très vite à l’arrière, et pour peu que vous ayez choisi d’y installer un petit matelas votre voiture ressemblera très vite à un capharnaüm ambulant.

Le Van

Le rêve de tout Backpacker... huhu !

Le rêve de tout Backpacker… huhu !

Ensuite vient le fameux van. Qui n’a jamais rêvé de traverser les contrées sauvages australiennes à bord du typique Combi Volkswagen 1964, les pieds sur le tableau de bord, lunettes de soleil, pâquerette dans les cheveux et pétard à la bouche ! Les hippies ça va bien cinq minutes, hein, et puis ce genre de modèle est devenu assez difficile à trouver dans ce pays, sans compter qu’il demeure un gouffre financier. Plus sérieusement, le van n’est pas une légende en Australie, vous en croiserez partout : de toutes tailles, tous modèles confondus, plus sympas les uns que les autres et aussi plus pourris ! Le van est un véhicule spacieux, vous pourrez y ranger toutes vos affaires et même vous étendre dans l’habitacle. Certains retirent les sièges arrière pour gagner encore plus en surface habitable, et d’autres vont même jusqu’à se créer un petit intérieur avec lit convertible en canapé et petite cuisine.

Mais le van il faut savoir l’assumer : souvent gourmand en carburant, très cher en réparation, rarement très jeune, vous ne pourrez pas vous permettre de faire les foufous à 130 à l’heure dans l’outback. De plus c’est un véhicule qui va bouffer du bitume et il faut respecter ces ancêtres et s’adapter à leurs « âges ». Il ne vous emmènera pas non plus partout… Les endroits les plus reculés d’Australie ne sont pas desservis par de belles routes goudronnées mais par des pistes réservées uniquement aux 4×4 ou 4WD (4 wheel drive). Vous pouvez vous y risquer, mais nous ne donnons pas cher de votre bolide vu l’état de ces pistes. Des endroits merveilleux comme la célèbre Gibb River Road, Fraser Island ou le François Péron National Park… Tout ça n’est accessible qu’en quatre roues motrices.

Le 4×4

Ça en jette quand même !

Ça en jette quand même !

Ce qui nous amène à notre troisième catégorie : le 4×4 ! Et tout de suite premier point noir : le budget ! Pour un véhicule de qualité il faudra taper un peu plus dans la tirelire. Si vous choisissez un 4×4 tout équipé avec lit à l’arrière, il faudra même céder un peu plus d’espace vital que dans le van. Le matelas étant plus proche du plafond, tout être dépassant le mètre quatre-vingt devra surveiller attentivement le risque de torticolis. Posséder un tel monstre requiert des cojones bien accrochées quand il faut assumer le moindre pépin. Rien qu’un pneu vous coûtera au minimum dans les $250 ! En ce qui concerne les modèles, tendez plutôt vers du Nissan Patrol, du Mistubishi Pajero, ou mieux encore du Toyota LandCruiser, la valeur sûre du tout terrain en Australie. On parlait de consommation pour le van, mais ce n’est qu’une broutille par rapport à ce qu’engloutira ce genre d’engin !

Dites donc n’y a-t-il que des inconvénients à posséder un 4×4 alors ?! D’apparence cela peut faire peur mais grâce à lui vous pourrez aller PARTOUT sur le territoire et voir des choses que certains voyageurs ne pourraient pas observer en van ou en break. Si vous n’avez jamais conduit ce type de véhicule, allez-y mollo et apprenez à vous en servir comme il le faut, en particulier pour la maîtrise sur piste accidentée. Dès l’achat ne foncez pas dans les énormes dunes de sable si vous n’avez pas un minimum d’expérience. Ce pays est fait pour les 4WD: un peu partout dans l’outback vous trouverez facilement des circuits organisés en groupe où vous pourrez apprendre à rouler sur pistes, sables, cailloux,…

Enfin il y une dernière solution. Quoi ?! Mais je pensais qu’il n’y avait que trois types de véhicules pour les routards ! Haha, c’est la dernière catégorie secrète, l’ultime choix, plus difficile à trouver sur le marché : le van 4WD ! Comme notre petit Rex ! Il a les avantages du van : espace, longueur, rangement, et ceux du 4×4 c’est-à-dire les quatre roues motrices et pas un truc hybride à la con comme le AWD (All wheel drive ou « toutes roues motrices » mais qui n’est en aucun cas un vrai 4×4), non ici il s’agit bien d’un gros buggy. C’est un bon compromis pour sortir des sentiers battus sans toutefois s’attaquer à des pistes prévues pour de vrais 4×4.

" [...] parc'que c'est l'mien l'plus beau ! "

 » […] parc’que c’est l’mien l’plus beau ! « 

Prendre soin de son bolide

Quel que soit le véhicule, il vous faudra adopter une attitude prudente au quotidien. La règle numero uno : vérifier TOUS les matins le niveau d’huile ainsi que le liquide de refroidissement, et jeter un rapide coup d’œil aux pneus. Pas besoin d’être un génie de la mécanique pour vérifier tout ça. Ensuite ne pas pousser le moteur à plus de 100 km/h, car souvent ce sont de gros machins affichant plus de 200 000 kms dans les pattes et plus de 15 ans d’âge. Attendez… 200 000 kms me dîtes-vous ? Mais c’est énorme non ?! Et bien non ! Le kilométrage en Australie n’a rien à voir avec celui en France. Dans l’hexagone nous ne nous risquerions pas à acheter un véhicule avec un tel compteur, mais nos habitudes de conduite ne sont pas les mêmes. Alors qu’en France nous ne roulons que quelques kilomètres par jour, pour nous rendre sur nos lieux de travail ou pour aller faire quelques courses, en Australie ils roulent simplement sur de plus longues distances, habituant les moteurs à faire des centaines de kilomètres quotidiennement. Donc non, 200 000 c’est encore jeune pour un gros moteur. En général vous pouvez aller jusque 400 000 avec un modèle bien entretenu.

Soyons clairs sur un point : les réparations vous ne pourrez pas les éviter ! Ce pays est grand, poussiéreux, caniculaire par certains endroits, rempli de grosses bêtes suicidaires qui n’hésiteront pas à jouer les kamikazes pour s’exploser sur votre capot, les routes sont interminables, parfois dangereuses, et donc des pépins vous en aurez. C’est inévitable ! Et viendra un jour ce moment tant redouté du … « passage chez le garagiste » ! L’Australie a construit les trois-quarts de son business autour des voyageurs, et les mécanos tirent évidemment bien profit de cette situation. Ceux-ci vous verront arriver avec un grand sourire hypocrite aux coins des lèvres, des dollars scintillants au milieu de leurs orbites, tout en se frottant avidement les mains. Et quand vous serez coincés dans la pampa et que vous n’aurez ni le choix ni le temps de « sélectionner » le meilleur et le plus sympa des garagistes du bled, vous irez chez Brian ScrewYou ou Bob ScrewYouDeeply, comme tout le monde. Il vous faudra alors vous armer de patience et de politesse car la vie de votre voyage sera entre leurs mains. Bien (trop) souvent vous tomberez sur de gros enfoirés qui feront, certes, leurs boulots mais qui vous saigneront au passage comme il se doit. Comprenez que chez les kangourous, le principe du « devis » n’existe pas : on vous donnera une fourchette un peu vague du montant des réparations et bizarrement vous paierez le prix max, voir le double qu’on vous a annoncé. Zéro relation clientèle : normal vot’tronche ils ne la reverront jamais et sans eux vous êtes coincés. Croyez-nous que ça ils en sont bien conscients. Sur plus d’une dizaine de garagistes visités au cours de notre année, un seul voire deux mécanos à la limite ont été sympas avec nous, distribuant de bons conseils, mais ne rêvez pas ceux-là ne sont vraiment pas nombreux.

Ici nous faisons plus de la prévention que du conseil, car nous n’en n’avons pas à donner malheureusement. A part souhaiter qu’ils perdent femmes, enfants et hamsters, nous ne voyons pas ce qu’on peut faire de plus, ou juste croiser les doigts pour tomber sur une bonne âme.

Des conseils en vrac

Et ça pourrait être bien pire !

Et ça pourrait être bien pire !

• Pour ce qui est de l’assurance en cas d’accident, nous avions choisi de ne pas y souscrire. Nous ne voyagions principalement qu’en dehors des villes où il y avait peu de chance d’accident, et uniquement de jour pour éviter la circulation animalière (la plupart des suicides se passent de nuit, quand de façon totalement crédule la faune pense que la route lui appartient. Il y a toujours un road train pour lui rappeler la dure réalité). Et effectivement nous n’avons jamais eu de problème. A la place nous avons souscrit à la RAC, une espèce de petite assistance dépannage qui pour une centaine de dollars à l’année et peu importe ce qu’il vous arrive, vous emmène au garage le plus proche. Nous avons eu besoin de leur service une seule fois pour une crevaison en plein désert et ils ont été super efficaces.

• Sydney, Brisbane et Melbourne sont vos meilleures chances d’acheter ou de vendre votre véhicule, car il y a tout simplement plus de voyageurs. La meilleure période pour vendre c’est évidemment pendant l’été austral : entre décembre et mars, car la plupart arrive durant cette période, surtout après les fêtes de Noël. Pour l’achat vous aurez énormément de choix mais aussi tous les prix, prenez bien le temps et ne vous jetez pas sur le premier véhicule venu car un flot continu de backpackers cherche chaque jour à vendre son véhicule. En janvier il nous a suffi d’une visite pour trouver un acquéreur pour Rex ! Si vous arrivez hors saison pas de panique, vous aurez certes moins de choix mais vous pourrez vous permettre de mettre un petit coup de pression aux vendeurs en négociant les prix. Les meilleures opportunités seront celles des voyageurs qui doivent quitter le pays dans les jours suivants, et là ça peut se négocier à coup de milliers de dollars !

• Les véhicules proviennent des quatre coins du pays et les lois changent un peu en fonction des états. Ainsi une voiture du Western Australia ne sera pas soumise aux mêmes règles qu’une autre provenant du Queensland. Ouais mais c’est le même pays me direz-vous ? Attention nous parlons d’un pays de la taille de l’Europe. Chacun des huit états dispose de son petit lot de différences par rapport à son voisin, et les voitures ne font pas exceptions. Dans le Western Australia il faut juste l’assurance d’un immobiliser sur votre véhicule (sorte d’anti-démarrage) alors que dans le New South Wales il vous faudra une Blue Slip ou une Pink Slip indiquant que votre voiture a été contrôlée et est viable pour la circulation. Tout cela est à prendre en considération lors de l’achat car au moment de la revente vous devrez vous plier à toutes ces conditions.

La « registration », qui est l’équivalent de notre ancienne pastille avec une assurance aux tiers en plus, est néanmoins commune à toutes les régions australiennes. Grosso modo le véhicule doit être en droit de rouler et il vous faut pour cela payer une somme qui dépend du type de véhicule et de son lieu d’immatriculation, sans oublier les droits de transferts dont le montant représente un pourcentage de la valeur du véhicule (sont fous ces australiens !). Évoquons rapidement que vous devez parfois être présent sur le territoire d’immatriculation du véhicule pour prolonger votre registration : calculez bien quand elle arrivera à expiration pour ne pas vous retrouver à devoir faire demi-tour ! La plus simple est celle du Western Australia, car il vous suffit juste d’aller sur le net et de payer, point ! C’est aussi celle qui sera la moins regardante sur les papiers à fournir, représentant un gros avantage mais aussi un gros inconvénient car vous ne saurez pas réellement l’état du véhicule acheté sans qu’un professionnel ne l’ausculte…

• Lors de l’achat vous serez confronté à une armée de voyageurs qui se battront pour se débarrasser très vite de leur voiture, et la règle à suivre par-dessus-tout est la suivante : ne faites jamais confiance à un backpacker ! Soyez chiants lors de l’achat, inspectez tout ! Soulevez le capot, vérifiez l’huile, demandez (surtout) les factures des réparations et des entretiens afin de savoir ce qui a été récemment réparé, vérifiez les kilométrages, la vignette du pare-brise, et si vous sentez que quelque chose coince passez votre chemin ! D’autant plus s’il est francophone ! Ça peut paraître paradoxal mais quelqu’un qui parle votre langue arrivera plus facilement à vous embrouiller, à vous mettre en confiance et du coup à vous avoir plus facilement. Préférez un véhicule bien entretenu ou qui ne soit pas passé entre les mains de plusieurs backpackers. Les prix sont souvent gonflés, parfois bien plus qu’ils n’ont été acheté.

• Enfin que choisir entre une essence et un diesel ? De manière générale le diesel sera moins cher dans les régions les plus reculées (pas dans les villes). Si vous choisissez une essence prévoyez des jerricans quand vous partez dans les déserts car certaines stations-services ne délivreront que du diesel… Mais l’inconvénient reste l’entretien, plus cher à réparer qu’une essence.

Lui il n'tient pas à sa vie ...

Lui il n’tient pas à sa vie …

« LE TRAVAIL C’EST LA SANTE » !

Vivre en Australie coûte relativement cher, et à moins d’être plein aux as il va vous falloir trouver du travail si vous voulez profiter pleinement du pays. Il est assez facile de faire des économies, surtout si vous êtes en van, mais l’entretien du véhicule, les nombreux kilomètres à avaler et toutes les activités luxueuses proposées vont vous faire mettre la main au porte-monnaie. A partir de là, le backpacker n’aura plus le choix.

Demander son TFN à la poste (tax file number) et ouvrir un compte bancaire seront ses premières étapes. Tout est assez simple bureaucratiquement comparé à la France. Nous avons ouvert notre compte bancaire à distance, et la demande du TFN, ce numéro d’imposition que vous demanderont vos futurs employeurs, est obligatoire mais à la portée de tous. L’Australie n’aime pas trop les formalités administratives et ça se ressent. Il n’a jamais été aussi facile que d’acheter un véhicule, d’aller retirer des milliers de dollars, voir même de clôturer un compte bancaire (fait par téléphone depuis la Nouvelle-Zélande). Ça c’est le bon côté des choses.
Une fois le TFN en poche et le compte bancaire ouvert, il faut se dégoter un job. Avec le recul, il suffit juste de se bouger les fesses et de chercher partout pour trouver facilement, du moins à la campagne. En ville la concurrence est vive et le nombre de backpackers pour le moins déroutant. Marcher dans les rues de Sydney ou de Melbourne va vous donner une idée du nombre de voyageurs au mètre carré qui comme vous cherchent un travail bien payé en ville. Par contre dès lors que vous sortez de ces grosses artères pour vous dégoter un job à la campagne, tout vous sourira bien plus vite, à condition de multiplier les méthodes de recherche. Durant notre traversée de l’Australie nous avons trouvé du travail sur Gumtree (le bon coin australien), ou en téléphonant à toutes les fermes environnantes après en avoir récupéré la liste dans un visitor center, en harcelant tous les jours le National Harvest, cet organisme qui met en relation fermiers et travailleurs, ou tout simplement en lisant les annonces dans les journaux locaux. Le bouche à oreille et le culot sont d’autres armes à votre portée qui vous permettront de trouver. Et quand bien même vous ne mettez pas la main tout de suite sur une offre d’emploi, le wwoofing vous permettra de stopper les dépenses en ne travaillant que quelques heures par jour en échange d’être nourri, logé et blanchi.

Concernant la paye, évitez d’accepter tout ce qui en-dessous de $18 car il y a moyen de trouver plus. Nous constituons une main d’œuvre nécessaire à l’économie du pays, facilement employable, mais pas exploitable. $21 de l’heure est une bonne moyenne, surtout dans l’ouest du pays. A ce salaire horaire moyen l’état australien vous débitera à peu près un tiers. Ouaip ! 32% qui partiront dans ses caisses au titre de l’impôt sur le revenu, prélevé à la source sur votre salaire chaque semaine. Que le jeune voyageur l’accepte sans rechigner car son statut de backpacker lui permettra à la fin de son année fiscale, ou tout simplement à son départ d’Australie, de récupérer l’intégralité des taxes prélevées au cours de son périple. Et quel plaisir que de rentrer chez soi ou de poursuivre son voyage en recevant un versement de quelques milliers de dollars qui « tombent du ciel ». D’autant plus que ces tax back ne sont pas les seules à récupérer. En cotisant obligatoirement à une caisse de retraite, ou super annuation, par le biais de votre banque ou d’un organisme privé (ex. AustralianSuper) le fait d’être non résident et de quitter le territoire vous autorise à récupérer également cette tirelire supplémentaire. A raison de 6% de votre salaire versés en plus par votre employeur, en une année ce sont des centaines de dollars qui vous reviennent. Vous y avez droit, ne l’oubliez pas car un tiers des voyageurs ne le réclame pas. Dans cet intérêt, le jeune backpacker devra conserver l’ensemble de ses fiches de paie afin de réclamer son dû.

Comme nous, vous pouvez décider d’alterner travail et voyage mais nous ne vous le conseillons pas, du fait de multiplier vos périodes de recherches d’emploi et donc les doses de stress qui vont avec. Ainsi pour les voyageurs courageux disposant du Working Holiday Visa, une manière enrichissante de profiter du pays revient à travailler la première année avant de profiter pleinement des mois suivants, puisqu’il est possible de prolonger son visa après 88 jours travaillés au même endroit dans une ferme, dans la construction ou dans les mines. L’Australie est un très grand pays et une année entière sera nécessaire si vous décidez d’en fouler tous les recoins, de la Grande barrière de Corail jusqu’à la lointaine Perth, du Wilson Promontory jusqu’à la forêt exotique de Daintree, de l’île de la Tasmanie jusqu’à l’inoubliable région du Kimberley, le tout en passant par le centre rouge et les dizaines de milliers de kilomètres qu’il vous faudra parcourir pour tout voir.

ON THE ROAD AGAIN

Upgrade

Mieux que Casto !

Mieux que Casto !

Partons du principe que comme nous, vous optez pour un van et que vous décidez d’en faire une maison sur roue. Bunnings c’est ce qui se fait de mieux en Australie pour trouver tout le matos, bois y compris, afin de rendre habitable votre véhicule. Big W est une autre adresse indispensable pour vous équiper en tout et n’importe quoi de manière cheap. L’aménagement de votre van ne se fera bien sûr pas en une seule journée, tout au long de votre séjour en Australie vous continuerez d’upgrader votre destrier. Néophytes en bricolage, nous étions bien plus fiers de nous après avoir conçu l’aménagement de notre cuisine avec frigo à l’arrière de Rex qu’après avoir monté notre salon Ikea quand nous étions sur Lille ! Pour des idées d’aménagements, vous rencontrerez des dizaines de voyageurs qui seront fiers de vous montrer leurs installations. Internet sera l’autre source d’inspiration.

Votre meilleur compagnon de route.

Votre meilleur compagnon de route.

Une fois sur la route vous aurez l’envie subite de faire des économies à bord de votre van, à vouloir dormir gratuitement et profiter de la liberté que vous apporte votre bébé d’une tonne. Pour cela et sans une once d’hésitation nous vous conseillons l’achat du Camp 7 ! Non seulement cet atlas routier vous donnera les meilleures routes à prendre, mais il vous indiquera surtout les endroits gratuits et sûrs où vous pourrez camper en chemin sans risquer de se faire arrêter par les rangers ou de se taper une amende pour les plus malchanceux. D’autant plus qu’il vous permettra de rencontrer d’autres voyageurs, ce qui s’avérera fort utile pour échanger bons plans, astuces, ou tout simplement petites discussions au coin d’un feu de camp, loin des caravan park aseptisés.

Comme il sera écrit un peu plus loin, il est possible de voyager en Australie sous un ciel bleu constant si l’on programme son voyage en fonction des régions et des saisons. Ne voyager qu’avec des tongs, un short, et quelques T-Shirts est une autre économie à considérer. Pas besoin de s’alourdir en matériel inutile (n’est-ce pas les filles), même si vous en viendrez toujours à accumuler les trouvailles en vous disant « ça peut toujours servir… ». Il vous sera très difficile de perdre ce réflexe matérialiste bien de chez nous. Malgré tout il y a quelques indispensables. La douche solaire en est forcément un. A remplir dès que vous trouvez une source d’eau, ne serait-ce que dans les toilettes à disposition au bord d’une plage, et à laisser l’après-midi sur votre toit pendant deux ou trois heures. Vous serez alors très heureux le soir de prendre une petite douche après avoir sué comme un baudet en farfouillant le bush environnant à la recherche de bois pour faire votre feu de camp ! Le power inverter est un autre achat indispensable (pour les geeks). En faisant des kilomètres le matin, branché sur l’allume-cigare, il vous permettra de recharger vos divers appareils électriques, ce qui nous a dans notre cas servi même quand nous étions en pleine cambrousse de profiter de notre ordi pour nos séances de cinéma. Et encore il s’est avéré que l’une de nos activités préférées fut finalement un simple « dessiner c’est gagné spécial film » en traçant simplement avec un bâton de bois sur le sol poussiéreux nos œuvres artistiques à la lueur du feu de camp ^^

Nous étions partis avec un arsenal qui ferait pâlir Rambo et finalement nous n’avons jamais vraiment eu besoin de tout notre matos. Les plus utiles : un couteau suisse (et son ouvre-boîte) et une lampe frontale. Tout le reste paraît bien vain et peut se trouver en Australie, vu les milliers de touristes, de voyageurs, de campeurs, de randonneurs et bien sûr de backpackers qui parcourent ce pays.

Respect the law !

Un autre conseil qui peut paraître un peu bateau mais qui prendra tout son sens sur la route : respectez les limites de vitesse, surtout à l’entrée et à la sortie des villes. Car ici ce sont de vrais shérifs ! Ils n’ont aucune compassion, aucune pitié. A peine franchi la limite vous prenez $75 d’amende et au-dessus de 10km/h : $150 !!! Et ça, c’est vraiment de l’argent jeté par les fenêtres donc faites attention.

J'me demande ce qui fait le plus peur: l'amende ou la bestiole... ?

J’me demande ce qui fait le plus peur: l’amende ou la bestiole… ?

Lorsque vous passerez les frontières internes, vous verrez que les vitesses maximales diffèrent mais également que vous serez sujets à des contrôles douaniers, qui vérifieront que vous ne transportez pas de fruits ou légumes d’une zone à une autre. Nous ne plaisantons pas ! Mangez tout avant de franchir la frontière (^^) car dans certaines régions il y a un fléau appelé le fruit fly qui vous fera certainement bien marrer en voyant le panneau sur les routes, mais cette « mouche » qui se loge dans les fruits peut contaminer des cultures entières. Les australiens ne préfèrent pas prendre de risques et les douaniers pourront contrôler jusqu’au fin fond de votre van dans votre boîte de petites culottes (non c’est faux ce n’est pas du vécu >_< !) pour vérifier que vous n’avez pas dissimulé une tomate ! Et si par malheur ils retrouvent une pauvre carotte dans vos sous-vêtements vous en paierez le prix, un prix exorbitant ! Donc guettez bien les panneaux entre ces différentes zones et faites vos courses après la douane, tout simplement.

WINTER IS … NOT COMING

En Australie vous aurez rarement l’occasion de mettre votre petite laine ou votre magnifique K-way multicolore offert par votre mère, à la seule condition que vous calculiez bien votre coup ! Oui, malgré un ciel bleu réputé légendaire l’Australie est gigantesque et toutes les régions ne bénéficient pas du même traitement de faveur. Le sud de l’Australie et la Tasmanie ont également leur dose de pluie et de mauvais temps. A contrario l’été austral ne veut pas seulement dire soleil agréable sur la Gold Coast. Allez faire un tour en plein mois de décembre du côté d’Alice Springs sous ses 45°c et vous allez comprendre votre douleur : worst idea EVER !!! Vous me direz « mais comment font les locaux alors ? ». La clim ! Partout. Tout le temps. Même à Sydney dans le train c’est la première chose qui nous a surpris.

Voici quelques conseils météo pour suivre un itinéraire « idéal » selon les saisons, sans risquer de fondre comme un gremlin ou de se retrouver bloquer deux mois pour cause d’inondations. Imaginons qu’à l’instar de la plupart des voyageurs français vous débarquez à Sydney, ville cosmopolite déclarée comme étant la plus cool de l’Australie et porte d’accès sur la Gold Coast. Quand peut-on profiter réellement de la ville ? Et puis où se diriger ensuite pour être sûr d’avoir du beau temps ? Petite liste des périodes optimales.

Sydney en fleurs.

Sydney en fleurs.

Sydney et le New South Wales : de Octobre à Avril, du début du printemps jusqu’à la fin de l’été, Sydney est à son apogée de douceur et de floraison. Et puis rien qu’à l’idée de débarquer sur l’Opéra alors qu’on se caille les miches par chez nous vous pourrez vous dire : « ça y’est je suis à l’autre bout du monde ! ».

Melbourne et le Victoria : de Novembre à Mars, toujours pendant l’été, car autrement il peut faire frais, pleuvoir et vous n’aurez pas beaucoup l’occasion de voir de koalas.

Adélaïde et le South Australia : le South Australia est assez étendu, forcément il ne fera pas du tout la même température au même moment à Coober Pedy située en plein désert et à Mount Gambier sur la côte sud. Dans la partie désertique il vaut mieux éviter d’y être en plein mois de décembre, donc pour cette région on va dire d’Avril à Novembre. Adélaïde plutôt de Septembre à Avril avec de gros pics de chaleur en plein été austral.

Exmouth en hiver. Bon, bah Winter is... coming ?

Exmouth en hiver. Bon, bah Winter is… coming ?

Perth et le South West : Les températures dégringolent en plein hiver donc évitez de Mai à Septembre, en particulier Juillet et Août où il pleut et où il fait frais. Bon il ne fait pas froid non plus comme chez nous dans le Nord, ici froid ça veut dire 10°C, ce qui reste très tolérable. Mais le mauvais temps et les précipitations vous embêteront certainement.

En partant de Perth pour remonter vers le Nord, c’est très simple : plus vous montez plus vous allez vous retrouver dans un climat tropical. En restant dans le Western Australia, une fois dépassé Carnarvon le climat sera toujours très doux quelle que soit la saison. Il n’y a pas de période que nous déconseillerions, il y fait bien sûr un peu plus frais en Juillet et en Août. Pour s’être baignés en plein mois de Juillet du côté d’Exmouth, l’eau était tout de même agréable. Une fois passé Broome, il fait bon en hiver, chaud et humide en été.

L'été sera ... chaud !

L’été sera … chaud !

Pour le Northern Territory : ici il y a deux types de climat : tropical au nord, et continental en son centre. Pour le nord c’est-à-dire du côté de Darwin il fait 30°c en moyenne toute l’année. Parfait ? Et bien non car comme chaque région tropicale vous aurez à faire à la mousson, et ici le wet dure de Novembre à Février. Des pluies torrentielles s’y abattent et vous pouvez y rester bloqué, certains parcs inondés, et les crocos vous bouffer ! Du côté d’Alice Springs, évitez de vous y rendre à cette même période mais pour des raisons différentes. Vous serez en plein désert et il fera chaud. Vous aurez certes de grands ciels bleus pendant des semaines entières mais ici ça ne plaisante pas ! 45°c à l’ombre !! C’est étouffant, oppressant, dangereux et invivable. Pour nous y être rendus deux fois dans l’année, en Août puis fin Octobre, nous avons senti la fulgurante différence. En l’espace de six semaines à peine il faisait 20°c de plus. Autant ce fut un régal en Août autant deux mois plus tard ce fut un calvaire pour nos compagnonnes de voyage fraîchement débarquées de France ! D’ailleurs les marches vers Uluru, Kata Tjuta et Kings Canyon ferment très tôt dû à la subite hausse de température en fin de matinée. Lézarder en été n’est pas ce qui a de plus fun car vous ne profiterez pas de ces merveilleux paysages, vous contentant de rester à votre camping pour sauter à midi dans la première piscine venue et à ne plus y sortir avant 17h. Le conseil serait d’y aller en Mai au démarrage de la saison, ou bien fin Août pour avoir moins de monde.

Pour le Queensland : ici aussi l’état est divisé en deux. Le long de la Gold Coast il fait bon toute l’année et particulièrement en été. Par contre du côté de Cairns et vers Cape Tribulation, ce sont les mêmes règles du wet de Novembre à Mars. Certaines routes peuvent être amenées à fermer, dont la Bloomfield track, la fameuse piste 4×4 qui démarre après la Rainforest de Daintree. De plus c’est la saison des méduses-boîtes, les méduses tueuses (oui oui tueuses !!) qui débarquent sur les plages avec la saison des pluies. Renseignez-vous bien avant de projeter d’aller là-haut.

Enfin pour la Tasmanie, seul état que nous n’avons pas eu la chance de visiter, il est dit que la meilleure période pour s’y rendre c’est durant les mois de Janvier et Février. Là-bas on se rapproche bien plus du pôle et le temps y est plus rude qu’ailleurs. Seule la clémence de l’été vous permettra de visiter cette région sous un ciel azuré.

Voilà pour les conseils en termes de climat. Si vous voulez vraiment suivre le soleil et avoir un résumé concis de ce que nous venons de décrire, nous vous invitons à cliquer sur ce bonhomme qui se fait attaquer par un requin :  __|\____\o/__ (bah quoi il est bien fait non ?)

FUCKING BACKPAQUEURS !

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Le Français, il sème la terreur là où il passe !

Le Français, il sème la terreur là où il passe !

La vie de backpacker en Australie n’est pas toujours de tout repos, d’autant plus en tant que jeune voyageur français. Et oui ! Notre réputation en Oz n’est pas très glorieuse, qui l’eut cru ? Il faut savoir qu’en moyenne 30 000 pvtistes français partent chaque année vers cet eldorado de l’Océanie, un peu plus provenant d’Allemagne, et au total 240 000 à travers le monde. Quand on sait qu’en Australie il y a à peine 23 millions d’habitants cela fait beaucoup de voyageurs qui y viennent pour travailler. Non seulement vous aurez à faire à une rude compétition, notamment dans les grandes villes, une concurrence qui parle très souvent bien mieux anglais que nous, mais vous aurez aussi à combattre la mauvaise réputation des jeunes voyageurs français. Depuis quelques années le pays est victime de ce qu’on appelle le « French shopping » comme quoi cela ne s’invente pas ! Cette expression désigne aujourd’hui le vol à l’étalage en Australie. Pourquoi donc l’avoir baptisé ainsi ? Il a simplement été constaté que les français en étaient principalement les auteurs, bien évidemment pas les seuls mais majoritairement. Certains l’exercent car ils n’ont pas le choix (manque d’argent, vie trop chère, besoin de se nourrir) et d’autres … pour le fun. C’est triste à dire mais voilà la mentalité de certains de nos compatriotes voyageurs. Cette mauvaise réputation va malheureusement bien au-delà du simple vol à l’étalage et nous colle à la peau à cause de comportements bruyants, de dégradations, du non-respect de l’environnement, de l’alcoolisme et de l’irrespect à l’égard des forces de l’ordre. Et plus récemment encore, deux jeunes français ont tenté de mettre le feu à un Quokka. Ça aurait pu être n’importe qui, oui mais pas de bol il a fallu que ça tombe sur deux p’tits cons de français !

Câlin ?

Câlin ?

Se conservant d’agir ainsi chez papa et maman, ils ont attendu de traverser la moitié du globe pour se laisser aller. Mais pourquoi ? Pourquoi bordel de merde ? La réponse est évidente. Parce qu’ils ne sont pas chez eux, parce qu’ils se disent qu’en ne restant que quelques mois ils se fichent des conséquences. Deux backpackers étrangers sur trois ont entre 18 et 24 ans, la plupart du temps ce sont de jeunes étudiants venus vivre la grande vie en Oz, prenant un break d’une année pour passer des vacances sur la côte est australienne, à flâner sur le sable blanc à la recherche du soleil et les plages de surf. Et malheureusement il n’y pas que les vols, ici le jeune français est défini comme cherchant la moindre faille dans le système sans se soucier des règles. Le cumul de la compétitivité et de cette mauvaise réputation devient donc parfois handicapant. Lorsque vous verrez comme nous dans une annonce d’emploi « No smokers – NO FRENCH » (oui, en caractères majuscules dans l’annonce) là ça vous fera tout bizarre. Il nous est même arrivé de nous faire passer pour belges afin d’accéder à un entretien et de pouvoir s’expliquer ensuite. Alors peut-être qu’à notre instar vous vous sentirez l’âme d’un guerrier prêt à partir en quête pour changer le regard qu’on porte sur vous ! Nous vous jurons que tout au long de notre séjour nous nous sommes efforcés de véhiculer une image positive de notre pays pour mieux vous laisser la place par la suite. Donc soyez sages avec les wallabies !

Voyager en duo

All You Need Is Love ;)

All You Need Is Love ;)

La vie en amoureux sur la route est une aventure exceptionnelle. Avant de partir vous entendrez certainement dans une ultime tentative pour vous retenir « vous savez que vous ne serez qu’à deux ? » et « au moins vous verrez si vous êtes fait pour être ensemble ! ». Ça peut paraître con mais oui vous ne serez qu’à deux et votre périple pourra vous mettre rudement à l’épreuve sous bien des aspects. La première des choses à savoir est que si vous décidez de prendre la route au volant d’un petit bolide avec tout le confort à l’arrière, il va falloir dans un premier temps repousser vos limites en ce qui concerne l’intimité. Soyez prêts à tout voir, tout entendre et aussi tout sentir ! Oui vous avez bien lu, une odeur de fauve s’installera dans l’habitacle après un parcours dans le désert sans croiser l’ombre d’une douche. Passer de la large chambre de votre appartement à l’espace réduit d’un van va vous rapprocher physiquement de votre partenaire. Et quand vous serez en pleine cambrousse entre les moustiques, les kangourous et les serpents, et que votre moitié sera victime d’une infection urinaire, messieurs soyez prévenus qu’il vous faudra faire preuve d’une grande compassion et d’un grand soutien envers elle (true story…).

Ce qui peut également arriver, c’est de se rendre compte que l’aventure que vous vivez ensemble vous fait évoluer chacun de votre côté. Vous rencontrerez d’autres personnes, vous ouvrirez les yeux sur votre partenaire, et finirez par vous éloigner l’un de l’autre. Un premier gros voyage en tant que couple est un pari sur la solidité de celui-ci, soit vous en ressortez grandit, plus amoureux que jamais, ou tout l’opposé… Et nombre de gens que l’on croise sur les routes en ayant débuté l’aventure en couple ont fini en solo. Une anecdote : lorsque nous avons demandé à créer un compte commun, le banquier a levé lentement la tête vers nous et nous a demandé « Etes-vous sûrs ?! Parce que ce sera la grosse merde si vous vous séparez et que vous voulez récupérer chacun les fonds ». Intérieurement nous avons bien ri, mais cela montre à quel point cela a dû lui arriver.

Arnaques, crimes et wallabies

La vie de backpacker en Australie vous en fera voir de toutes les couleurs. Vous profiterez allègrement de tout ce que le pays peut offrir mais subirez également l’aspect négatif de ce système bâti autour des pvtistes. Nous avons déjà abordé le sujet des garagistes et vous êtes à peu près au parfum. Mais là nous nous adressons plus particulièrement aux futurs travailleurs. Il vous arrivera, et ce plus couramment qu’on ne le croit, d’être entouré d’arnaques. Que ce soit sur les logements par exemple où il vous faudra bien prendre le temps de visiter et ne pas accepter n’importe quoi surtout quand on est un peu juste niveau budget, mais aussi sur les offres d’emploi par rapport à l’exploitation de cette main d’œuvre ou carrément sur les tentatives d’escroqueries. Il nous est arrivé d’avoir à faire à une annonce décrivant un boulot de ferme très bien décrite : salaire, lieu, situation, période, et là vient la question du logement. On vous explique qu’il faut dormir sur place, ok, qu’il y a autant de chambres, ok, que le boulot sera donné prioritairement aux gens qui dormiront dans la ferme, oui pourquoi pas, MAIS que pour assurer votre « place » au sein de la nouvelle équipe il vous faut payer d’avance la première semaine de loyer… Mouaiiiis suspect mais encore une fois ça peut passer. Il y a même un numéro de téléphone et si personne ne décroche on vous invite à laisser un mail. Impossible d’avoir qui que ce soit en ligne bien sûr, et un mail de réponse nous indique qu’il n’y a plus de place. Déçus par cette opportunité ratée on revient vers vous un ou deux jours plus tard pour vous indiquer qu’une deuxième session de recrutement ouvrira dans dix jours, et qu’il vous faut réserver votre logement dès aujourd’hui, la nana vous envoyant ses coordonnés bancaires… Là il vous faut un peu de jugeote pour aller fouiner sur le net afin de vérifier les adresses mails, le nom de la ferme et la localisation. Etant à 200 kms de la dite ferme nous décidons de nous y rendre en l’annonçant à la propriétaire pour la rencontrer avant de lui donner l’argent en mains propre (vous vous rendrez compte que 200 kms en Australie c’est une broutille). Plus de nouvelles et une fois sur place à l’adresse indiquée : RIEN !!! Pas de ferme, pas de champs.

Malheureusement, ce cas d’arnaque arrive très et trop souvent ! On a même lu dans la presse le cas de jeunes s’étant déplacés de l’autre bout du pays en avançant une semaine de logement et qui sont repartis bredouilles, direction le poste de police. Ne vous faites pas avoir. Si vous n’avez pas quelqu’un au bout du fil ça pue ! Si une annonce vous parait trop « nikel » ça pue d’autant plus ! Bref, toujours discuter avec l’employeur, posez des questions, il n’y a que comme cela que vous discernerez les gens sérieux de ceux qui ne le sont pas. Suivez votre instinct et ne soyez pas crédules. Même si vous n’êtes pas à l’aise avec la langue, rien de tel qu’un coup de fil.

Keep calm and learn english

T'as compris ou t'as pas compris !?

T’as compris ou t’as pas compris !?

Et si mon niveau d’anglais est très faible ? Comment faire pour téléphoner si on ne comprend pas bien la langue ? Ok, ok, alors comment améliorer son niveau si vous débarquez et qu’au lycée à part « Are you talking to me ? » vous ne savez rien dire d’autre. La première chose à faire avant de partir, c’est de regarder vos films et séries en VO bon sang !!! Vous pourrez commencer à vous familiariser avec la langue, les comédies vous paraîtront bien plus drôles qu’en VF (à mort la voix de Barney en VF !!!), et surtout, SURTOUT, vous pourrez admirez et entendre la vraie performance des acteurs. Puis viendra le perfectionnement avec les sous-titres en anglais pour acquérir plus de vocabulaire. Une fois sur place le meilleur conseil est d’éviter les francophones. Fuyez-les ! Même si c’est plus facile et confortable d’aller vers des gens qui parlent votre langue ça vous bloquera complètement et six mois plus tard vous en serez toujours au même point. Ne devenez pas l’asocial qui se fait tout traduire par ses potes et qui parle français en présence d’autres voyageurs. Nous appelons cela de la grossièreté. Quand on voit le niveau des allemands nous représentons la tristesse, alors si vous avez l’envie d’évoluer, par pitié sortez-vous les doigts du cul. L’anglais n’est pas une langue compliquée comparée à la nôtre et si vous ne faites pas le premier pas personne ne le fera à votre place. Attention il n’y a aucune honte à ne pas savoir parler anglais quand vous débarquez dans un pays anglophone ! L’important c’est l’envie d’apprendre. Si vous choisissez une auberge de jeunesse, choisissez-en une cosmopolite, familiale, dont vos amis voyageurs vous feront faire dix pompes si vous parlez dans votre langue maternelle ^^.

" What he sayyys? "

 » What he sayyys? « 

L’ultime conseil que nous avons à vous donner pour décoller, ce n’est pas de payer des cours dans une école mais simplement de faire du wwoofing. Un mois dans un petit village, paumé de préférence, où vous n’aurez à faire qu’à des anglophones, c’est ce que nous avons fait. L’un d’entre nous ne pétait pratiquement pas un mot d’anglais à notre arrivée, et est sorti de cette expérience grandi, pourquoi ? Tout simplement parce que pour vous faire comprendre vous n’avez pas d’autres choix que l’anglais ! Bien souvent vous aurez à faire à des familles qui ont l’habitude d’accueillir des étrangers et qui prennent le temps de parler lentement pour faciliter votre compréhension. Et quand bien même vous aurez l’impression que votre cerveau surchauffe à la fin de la journée vous serez super fier lorsque vous serez capable de tenir une conversation entière sans trop peiner à chercher vos mots ! Après une expérience enrichissante comme celle-ci, l’évolution continuera tant que vous pratiquerez la langue. Au bout d’un certain temps vous entrerez dans une période de stagnation, pas de panique c’est normal, il vous faudra plus de temps pour acquérir un vocabulaire plus large.

Petit conseil : si vous avez un smartphone téléchargez l’appli Google traduction. A chaque fois que nous entendons ou lisons un mot que nous ne comprenons pas dans un film, un livre ou une pub, nous allons directement vérifier.

Bref, un jour vous pourrez aller au cinéma et mater un film sans sous-titres en comprenant presque tout et là, vous serez fiers comme des crottes !

ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

L’Australie est un pays occidentalisé comme le sont ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord. Mais ici la crise est quasi inexistante d’où cet exode massif de backpackers. Le niveau de vie y est plus haut que par chez nous et si vous cherchez à avoir le même style de vie qu’au pays, attendez-vous à de sacrées surprises. Tout est généralement plus cher qu’en France. Votre premier ticket de caisse chez Coles ou Woolworths (moins chers qu’IGA) vous surprendra, surtout pour les produits que nous considérons comme basiques comme le lait, le fromage, le pain (à mooooort le Harry’s bas de gamme !), les yaouuuurts ah putain les yaourts ! Les activités sont également onéreuses, ne serait-ce qu’aller au cinéma. Bien sûr ça coûte cher par chez nous aussi, mais il y a toujours la possibilité d’acheter des cartes, d’avoir des réductions, ou des places par son comité d‘entreprise. Ici si vous n’êtes pas étudiant ou sénior vous l’aurez dans les fesses. Et nous n’évoquons même pas l’alcool et les clopes ! Allez si.

Pour le premier c’est très simple : oubliez ! Les soirées entre potes à picoler en mode posé dans le canap’ à ne pas se soucier de vider votre litron de vin, votre bouteille de Jack ou de Diplomatico (oh yeah !) ici ce n’est PAS possible, à part si vous gagnez extrêmement bien votre vie, ou que vous êtes prêt à sacrifier le reste. Ou alors faites comme la plupart des voyageurs : boire de la pisse ou ce qu’on appelle ici le goon. C’est une espèce de vin bon marché, coupé avec tout ce qui est possible, et le deuxième effet Kisscool de cette merde redéfinit les mots « gueule de bois ». Vous pouvez parfois retrouver des ingrédients tels que du lait, du poisson, des œufs… Pourquoi le goon est-il si mauvais ? C’est parce qu’il est au milieu viticole ce que le surimi est à la gastronomie : les restes des déchets, juste assez bons pour ne pas être jetés. Bref, ce n’est pas la solution, nous ne le conseillons à personne vu les débiles mentaux que ça crée sous son effet.

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Ensuite pour nos chers amis fumeurs (dont l’une d’entre nous fais partie ^^), trois solutions s’offrent à vous :
La première c’est de gentiment sourire à la dame en payant vos p***** de $45 pour un paquet de roulé de 50g (chez nous 7€ soit $10). Un dollar le gramme, parlons-nous bien de tabac ?! La deuxième certainement la plus dure à appliquer : arrêter ! Quand vous allez voir ce que vous dépenserez en tabac ça va forcément vous traverser l’esprit.
La troisième, et vous sentez venir les démons qui vous piquent du bout de leurs fourches, c’est de bourrer votre sac en arrivant ici et espérer que ça passe à la douane. Pour nous ça a marché, puis a suivi une auto-restriction pour tenir avec les quelques paquets achetés lors de l’escale en Asie. Nous avions même du rab à notre arrivée en Nouvelle Zélande 😉
Si vous êtes fumeurs le calcul doit faire partie de votre budget, surtout si vous n’avez pas l’intention d’arrêter. Assouvir ce vice ou entamer une partie de votre salaire dans des clopes ? A vous de voir, et ça c’était le conseil gratos du Maaaaaal !

L’Australie s’en sort très bien économiquement parlant. De toute façon, si ce n’était pas le cas, il n’y aurait pas ce besoin en main d’œuvre énorme que le WHV propose. C’est un véritable eldorado pour quiconque veut s’en mettre plein les popoches. Français, allemands, italiens, néo-zélandais, mais aussi énormément d’étrangers venus d’Asie pour profiter d’une voir de deux années que leur offre le working holiday visa et mettre de l’argent de côté. Certains s’en servent uniquement pour voyager, d’autres afin de payer leurs études, ou bien de faire vivre leurs familles restées au pays. (Conseil : à tous les boulangers qui veulent s’expatrier là-bas, allez-y les yeux fermés vous deviendrez millionnaire ! Vu le prix du croissant, 2,30€ en moyenne, vous allez faire fortune c’est évident !).

Ce système finira un jour par s’épuiser. Chaque année de plus en plus de voyageurs atterrissent sur le territoire tentant, parfois difficilement, de trouver du travail. Nous l’avons ressenti fortement en haute saison, les backpackers sont là en nombre ! Et ils le seront de plus en plus d’année en année. Les australiens eux-mêmes nous l’ont confirmé. C’était du côté de Broome, nous cherchions à nous faire une place dans la pêche à la perle, car il s’agit là d’une région renommée pour cette culture. En discutant avec les locaux, ils nous ont affirmé que tout était facile à travers le pays il y a quelques années, et trouver un job en une journée ne relevait pas de l’exploit. Malheureusement il devient de plus en plus dur et fastidieux de trouver du travail pour les voyageurs, le pays étant saturé de backpackers. L’âge d’or de l’Australie tend à s’épuiser petit à petit et un jour la demande deviendra plus importante que l’offre.

Et ça c'est du vécu.

Et ça c’est du vécu.

LE MALAISE ABORIGENE

Difficile de parler de l’Australie sans évoquer les Aborigènes, les natifs qui vivent sur ces terres depuis toujours. Pas de cours d’histoire ici mais nous tenons simplement à parler du malaise palpable que nous avons ressenti particulièrement dans l’outback. Dans la moitié Ouest du pays, c’est-à-dire les régions où les communautés aborigènes sont le plus représentées, nous avons perçu les tensions flagrantes qu’il existe entre les australiens blancs et les aborigènes. Que ce soit par une ignorance mutuelle ou par un mépris notable, il est impossible en tant que voyageur de ne pas être troublé par ce problème de société. Son paroxysme se situe dans le Northern Territory, où cette dernière communauté déambule dans la rue sans but apparent, avachie au sol ou devant les centres commerciaux. La pauvreté flagrante contraste fortement avec les dizaines de boutiques souvenirs qui vendent à prix d’or l’artisanat aborigène. Celui-ci est d’ailleurs mis en avant dans tous les musées du pays, puisqu’il constitue la quasi-totalité du patrimoine culturel de l’Australie.

Se sentant « coupable » d’avoir volé leurs terres et commis un génocide, l’état australien verse une pension aux aborigènes et subventionne les communautés dans leur choix de vie. D’un coin à l’autre du pays, nous n’avons jamais assisté à une réelle mixité ni à aucune intégration. Pire, les australiens blancs avec qui nous évoluions nous en parlaient en prévention avec un racisme sous-jacent. Nous avons eu droit à nombre d’histoires sombres de backpackers détroussés sur la route et a beaucoup de discours peu enclins à une évolution positive des mœurs. Alors qu’on nous vante et parle hypocritement des aborigènes dans tout ce qui a trait à l’Histoire et à la Culture australienne, le profond fossé de la réalité se creuse encore aujourd’hui en parcourant l’actualité australienne.

Voulez-vous en savoir plus ?

Il nous a été difficile d’assister à ce malaise et de revenir comme si de rien n’était faire du surf dans des régions où l’australien moyen ne se sent pas concerné par ce problème latent et le place au plus bas dans ses préoccupations. Sans s’embarquer dans un débat politique, il vous sera impossible de ne pas en prendre conscience si vous décidez de parcourir l’ensemble du territoire australien.

BREF

Cette année en Australie a été merveilleuse sous bien des aspects, c’était pour nous le départ pour la grande aventure, notre premier gros voyage ensemble et le début d’un projet qu’on ne faisait qu’imaginer dans un coin de nos têtes depuis longtemps. Nous avons découvert des endroits formidables, vu des choses qu’on ne verra nulle part ailleurs sur Terre, nous avons connu des moments d’euphories, mais aussi des chutes et des envies d’abandon. Il y a beaucoup à voir et à faire dans cet immense pays et sa taille nous a parfois donné des vertiges. Il nous a été difficile de faire abstraction de « ses mauvais côtés », tel que les distances, l’exploitation des voyageurs, le conflit latent entre les ethnies que l’on perçoit dans beaucoup de régions, la mentalité, ce besoin de profit encore plus palpable que chez nous, les contradictions. Beaucoup de bons souvenirs, mais ce n’est pas encore « notre » terre… 😉

footsteps

Follow the footsteps.

Nous mettons un tout petit « PS » pour les futurs voyageurs qui ont l’intention de se rendre en Australie, que ce soit en visa touriste ou en WHV. Nous restons à votre disposition pour toutes vos questions. Laissez-nous un message dans les commentaires et nous nous ferons un plaisir d’y répondre.

One thought

  1. Génial ! vraiment bien détaillé sur tous les plans , avis aux amateurs . bons voyage et surtout bon courage .
    Merci pour ce blog qui tout en nous permettant de voyager avec vous nous renseigne
    sur les avantages mais aussi sur les inconvénients !
    Bisous

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