Croisade en Zélande du Milieu

Ils voguèrent des heures entières à travers les nuages du Pacifique. Sous leurs pieds, il n’y avait que la mer à perte de vue quand soudain retentit : « Teeeeeeerre ! ». Enfin ils aperçurent les côtes de cette île sauvage tant convoitée. A peine atterris qu’un nain de pierre géant s’élevait devant eux, aucun doute ils étaient bien arrivés…en Zélande du Milieu !

Accueillis par un nain... géant.

Accueillis par un nain… géant.

En quittant Melbourne pour Auckland, nous avons eu droit d’entrée de jeu à une mise au point au décollage de l’avion qui ne réussit qu’à nous exciter d’avantage. La vidéo des consignes de sécurité revisitée par le casting du Seigneur des Anneaux. Emmené par Frodon et Peter Jackson, il n’y avait aucune erreur possible sur notre destination ! Arrivés à la douane, quelle surprise que de constater la bonne humeur des employés, tous très souriants, et cette rareté n’en ne fut que plus précieuse et agréable. La Nouvelle-Zélande étant très stricte au sujet des produits venant de l’étranger (fruits, légumes, tabac, mais également tentes et chaussures de randonnées), tout est contrôlé pour ne pas apporter de parasites sur une île protégée des maladies et dépourvue de prédateurs. Nous n’échappons point à la règle et nous voilà au poste de douane où l’on nous confisque nos précieuses chaussures de marche un peu terreuses ! Adieu ? Non, dix minutes plus tard une demoiselle revient vers nous avec nos chaussures propres en s’excusant du temps qu’elle avait pris pour les purifier du bush australien…O_o ! La nana S’EXCUSE pour avoir pris du temps à nettoyer nos godasses que NOUS aurions dû nettoyer avant de partir ! Avons-nous débarqué chez les bisounours ou quoi ?! C’est un exemple parmi tant d’autres qui vous prouveront que les kiwis sont des gens particulièrement gentils et agréables.

Nous sommes le dimanche 11 janvier 2015, et après avoir passé plus de deux heuuuuures à tenter de sortir de la douane, nous nous rendons rapidement à notre auberge en centre-ville. Seconde surprise : il fait bel et bien très bon dehors malgré toutes les légendes entendues sur ce pays. Cliché quand tu nous tiens ! Nous pensions réellement subir un climat mitigé, même en été. Et bien non voici des températures fortes agréables pour un été austral. Le soir même nous nous rendons non plus dans un Hungry Jack mais dans un bon vieux Burger King. La ville est très calme ce soir-là et nous tombons comme des mouches dans nos lits.

Y'a même un piano dans cette auberge ^^

Y’a même un piano dans cette auberge ^^

En janvier c’est la haute saison, les auberges sont très demandées et il nous faut déjà trouver un autre lieu pour dormir. Nous reprenons nos sacs, que nous n’avions plus réellement portés depuis une dizaine de mois (aïe aïe aïe ? Non travailler dans les fermes nous a vraiment fait du bien physiquement !), et nous nous éloignons un peu du centre pour Ponsoby Road, lieu dynamique et vivant de la ville. Notre nouvelle auberge, Verandhas Backpacker, ressemble à une grande maison coloniale blanche, spacieuse, avec un jardin immense menant à un parc. Nous tombons immédiatement sous le charme de cet endroit. Pas le temps de se poser bien longtemps qu’il nous faut déjà retourner en ville pour faire « les trucs chiants » : compte bancaire, forfaits téléphoniques, clé 3G, création de notre numéro d’immatriculation pour pouvoir travailler… Tout le bonheur de l’administration quoi ! Et quel que soit le pays c’est toujours le même rituel bordel, comme s’il s’agissait d’un conglomérat diabolique dominé par les Illuminatis visant à faire chier les honnêtes citoyens de cette terre ! Les Vogons sont parmi nous !! Entre la banque qui est déjà surbookée, les commerçants de boutique de téléphone qui ont oublié le sens du mot conseil, et la poste (pour l’immatriculation permettant de travailler), mon dieu la POSTE ! Ce sont les champions. Ils nous filent une info sur deux, dossiers incomplets, « oui mais votre collègue ne me l’avait pas dit », « retournez faire des photocopies à la librairie », « oui mais vous fermez dans cinq minutes, vous n’avez pas de photocopieuses ici ? », « …non (pourtant juste derrière le bureau) », on court, « ah oui mais fallait faire une photocopie par document », £%*ù$3#& !?! Allez souris Chachol, ne perd pas ton sang-froid ce sont juste des fonctionnaires…GRRRRrrrrrrrrr. J’ai eu envie : qu’il perde son boulot, qu’il perde sa femme, qu’il obtienne la garde de son enfant, mais qu’il le perde dans un accident, qu’il culpabilise, qu’il essaie d’se suicider, qu’il se rate, qu’il tue sa mère par erreur, qu’au cimetière son père lui dise qu’il n’était pas son vrai père, que son vrai père c’était lui :

#Bref

#Bref

Bref, une journée de perdue en somme ! Pourquoi sommes-nous si pressés pour les démarches administratives ? Tout simplement car il nous fallait travailler au plus vite. Passer d’un pays à l’autre coûte de l’argent : entre l’avion, le taux de change défavorable, mais aussi le coût de la vie en Nouvelle-Zélande. Et dire que nous pensions l’Australie chère ce n’est rien à côté du pays du long nuage blanc. Le dollar y est un poil moins fort mais les prix en supermarché sont les mêmes que chez les Aussie, et malheureusement les salaires sont loin d’être les mêmes. A la base il était prévu de sortir de la ville et pourquoi ne pas travailler en ferme, mais sans voiture cela compliquait un peu les choses.

Nous décidons de rester sur Auckland. Lors de notre dernière étape australienne à Melbourne nous avions rencontré un gallois (jouant à merveille Il en faut peu pour être heureux à la guitare soit dit en passant) qui nous avait prévenu qu’Auckland n’était pas du tout représentatif de ce magnifique pays et qu’il ne fallait surtout pas s’arrêter à l’image que cette ville dégageait. De ce fait, nous ne s’avions pas à quoi nous attendre. Nous avons vite compris. Il est vrai que c’est une ville très « relax », les kiwis sont cool par ici, il y a pas mal de petits parcs, un volcan à la périphérie de la ville, ça monte et ça descend tout le temps (accrochez-vous à vos guiboles les filles !) mais c’est à peu près tout. Auckland n’a rien à offrir d’exceptionnel. Pour ceux qui viendront visiter Aotearoa (le pays du long nuage blanc) en mode vacances ou pour un court séjour nous vous recommandons de ne pas vous attarder là car il y tellement plus intéressant à découvrir ailleurs.

 

En nous promenant d’auberge en auberge nous avons constaté une chose qui nous a fait un bien fou après un an à avoir subi les « party people » d’Australie : la maturité des voyageurs. Contrairement à son voisin et quel que soit l’âge des gens que nous rencontrons, ici nous sommes tous là par amour du pays, pour profiter de ce qu’il a à nous offrir avec énormément de respect. La plupart des voyageurs sont de vrais amoureux de la nature, très ouverts, curieux, les conversations s’engagent facilement et c’est ici que nous faisons la rencontre de personnes « amazing ». Nous étions sur la route depuis presque une année, toujours à rouler sans rarement avoir le temps de copiner et retrouver le chemin des auberges nous a de nouveau permis de nous sociabiliser. Les soirées à se faire de grosses bouffes, à jouer, à boire des coups, à partager nos expériences, à échanger sur nos pays respectifs, à se promener ensemble dans les musées, tout cela s’enchaîne et le courant passe très naturellement. Notre séjour commence définitivement très bien.


Où passer d’excellents moments en auberge sur Auckland ? Nous en avons deux à vous conseiller : la première est familiale, avec un jardin donnant sur un parc, une immense cuisine, tout en bois blanc, sans lits superposés : Verandhas Backpacker. L’autre, où tout le monde « fait partie de la famille », haute en couleur avec une terrasse d’enfer, petite mais conviviale, et où le propriétaire se souciera toujours de votre confort : le Brown Kiwi !
Ces deux auberges nous resteront en tête grâce à leur charme, leur atmosphère et les voyageurs que nous y avons rencontrés. Pour sûr nous repasserons par-là sur la route du retour 😉

Ça lézarde sur la terrasse du Brown Kiwi.

Ça lézarde sur la terrasse du Brown Kiwi.

Et il est déjà temps de se remettre au travail… C’est reparti pour le casse-tête : Où chercher ? Y a-t-il des sites d’embauche ? Quel quartier ? Du porte à porte ? Nous voilà de retour à la case départ et il faut remettre à jour nos sites de recherche (un jeu pas du tout plaisant). Et ici ce n’est pas aussi fourni et facile qu’en Australie. Nous avons également décidé de ne pas investir dans une voiture en Nouvelle-Zélande et de changer notre mode de voyage cette année ce qui implique qu’il faudra se limiter aux zones accessibles par les transports en commun. Adios fermes et packhouses ! Dans un sens ça nous va car retourner travailler avec nos amis fruits et légumes ne nous enchantait pas spécialement.

Premier jour de recherche : mise à jour des CV et c’est parti pour un envoi massif dans les quinze kilomètres à la ronde. Oui nous on est comme ça le harcèlement on s’y connait ! Et déjà le stress s’empare de nous, comme à notre habitude, amplifié par le fait que nous ne sommes loin d’être les seuls à chercher du travail, et que la Nouvelle-Zélande est réputée pour avoir un marché du travail moins prospère qu’en Australie, et il faut aussi savoir que…

DRING DRING ! ! ! Quoi déjà ?

« Oui bonjour mademoiselle, je viens de recevoir votre mail et nous sommes intéressés par votre candidature, pouvez-vous passer au restaurant demain pour un entretien ? ». Le lendemain et 15 minutes de bus plus loin, à Takapuna au nord d’Auckland, au restaurant « L’Aubergine », Chachol fait la connaissance des gérants, répond à quelques questions pour tester son expérience en restauration et effectue un essai dans la foulée. Au bout de deux heures de service, Basil le propriétaire lui tend un contrat. Ça c’est fait !

A partir de là, c’est en tant que piéton non motorisé que Dav’ se devait de trouver un travail à son tour et si possible dans le même coin. Prenant son courage à deux mains, CV dans une pochette, chemise noir et gavroche sur la tête, il prend part à une quête dangereuse et semée d’embûches : le porte à porte. Fort heureusement les kiwis aiment cela et les commerçants sont très agréables malgré de nombreux refus ou des offres de barista (« vous savez faire du café ? », « vous avez une expérience d’un an dans le café ? », « vous y connaissez un max sur le café ? », « café ! café ! café ! ») et donc hors de notre portée. Aaah la légende du barista, les pros de la graine de caféier, les faiseurs de fantasmes caféinés. « Vous savez faire du café ? » lui demande-t-on. « Bin ouais j’sais mettre la capsule et appuyer sur eul bouton ! » Non ici même avec une machine toute simple faire du café est un art qu’il faut avoir pratiqué pendant au moins six mois pour être embauché… Après avoir parcouru toute la ville pendant toute une journée, il n’avait plus qu’à s’armer de patience. Par chance une semaine après un très bon restaurant italien le rappelle et lui donne sa chance. Non sans surprise le voilà embauché à son tour au Al Forno ! Notre petite étoile continue de nous sourire.
Nous sommes prêts pour la prochaine étape : s’installer et trouver un appart’ !

Jeunes résidents néo-zélandais, il va falloir apprendre à tirer la langue comme les guerriers Maoris.

Jeunes résidents néo-zélandais, il va falloir apprendre à tirer la langue comme les guerriers Maoris.

(Merci à Pierrick pour la photo de couverture, et pour ton acharnement).

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